JOE ACHKAR/HUSSAM
Joe Achcar avait une personnalité forte et attachante; toute son énergie était déployée à la cause du cheval arabe et à la réussite d’Al Fadi Stud dont un de ses préférés: Hussam Al Shamal, keheilan Nawaki, à deux ans, photo prise par Joe ci-dessous. (propriétaire Naji Chaoui)
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Par Raed Yakan, commentaire sur Joe Achkar nous a quitté le 5 janvier 2011
Joe… You will be sadly missed. I will always have very fond memories of you. You gave So Much of your energy and …
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« Hussam al Shamal »
Un « guerrier du désert syrien » en Normandie
Par Joe Achcar
Né au Liban, ma famille est dans le cheval Arabe depuis 1893 ; quand mon grand-père maternel, Khalil Sarkis, perdit une partie de sa fortune en investissant dans la « Hamidie Hippodrome Society » dont il fut aussi le Directeur.
La « Hamidie » participat à la World Chicago Fair de 1893 avec 40 chevaux Arabes et y perdit une fortune dans un incendie . Deux de ses chevaux « Nejme » et « Obeyran » portent respectivement les numéros 1 et 2 du American Stud Book of Arab Horses
« Les Arabes sont des guerriers et nul ne peut les rattraper ceci à cause de la rapidité de leurs chevaux »
Pline le Jeune, Tribun Militaire de Rome en Syrie, 89 après JC
Au nord-est d’Alep se trouve une plaine entrecoupée par l’Euphrate et ses affluents, s’étendant jusqu’à la Turquie. C’est l’antique Comte d’Edesse des Croisés et l’ancienne Wilayet d’Alep des Ottomans qui englobait la Cilicie jusqu’à Adana.
Au 17 èm siècle, quand les tribus faisant partie de la Nation Anézé venant de l’Arabie envahirent le désert Syrien ,tout en repoussant les Shammars par de là, la rive est de l’Euphrate, la tribu Aneze des Fedaans choisi de s’établir pendant les brûlants mois d’été à l’est d’Alep.
Le cheminement des tribus qui passaient l’hiver dans le Hamad, dans un triangle forme les frontières, qui correspondent aujourd’hui, à celles de la Jordanie, l’Irak et l’Arabie Saoudite, et qui remontaient dès le printemps vers le voisinage des villes de Syrie comme Damas, Homs, Hama, Alep. Ce qui est très bien expliqué dans le Volume I du Stud Book Syrien.
On remarque sur la carte jointe au Volume I, que le désert était sillonné de routes ressemblant à nos actuelles autostrades, ces routes étaient le passage des diverses tribus, toutes étant délimitées par des points d’eau et des repères naturels; qu’une autre tribu empiète sur l’une d’elles équivalait à une déclaration de guerre.
Naturellement les juments suitées de leurs poulains suivaient la transhumance de la tribu qui parcourait plus de mille kilomètres pour arriver à ses quartiers d’été. Un dicton Bédouin dit « le poulain d’un jour marche un jour ». Arrive à l’âge de 2 ans le poulain (ou la pouliche) qui avait résisté à ce traitement, commençait à être monté pour enfin devenir ce cheval, convoitise des Occidentaux. Les mâles étaient vendus au « ageyls » ces commerçants qui sillonnaient le désert et les juments devenaient ces « Juments de Guerre » véritables armes, qui nous ont fait tant rêvé jusqu’à maintenant.
En visite chez mon ami Omar Anbarji dont le haras se trouve non loin des ruines de la basilique de Saint Simeon le Stylite à l’ouest d’Alep, il me montre son étalon « Raad » alors âgé de 22 ans ; lui faisant remarqué que « Raad » avait l’air fatigué, il me répondit que son jeune frère l’avait monté hier pendant 6 heures! Quelques mois plus tard à l’occasion d’un dîner organisé en son Haras, en l’honneur d’une délégation étrangère, je fais le voyage de Damas ou j’avais pris mes fonctions de directeur du Haras « Al Fadi » pour assister à ce dîner, car Omar nous avaient promis un spectacle équestre nocturne . C’est lors de ce dîner et après avoir vu « Raad » monté par son jeune frère, sauter sans aucun problème par-dessus un feu de camp que je me suis décidé à acheter un fils de ce fabuleux cheval.
Je confie ce projet à Saed « Agha » Yagan qui me demande de venir lui rendre visite en son Haras « Al Shamal » (le Nord). Le haras des « Aghas » Yagan, vieux de 150 ans, se situe dans la plaine à l’est d’Alep en pleine zone d’estive des Fedaans. Cette même zone qui avait été traversée par Davenport en 1906 et c’est là qu’il avait acheter aux Fedaans ses meilleurs chevaux « Waduda » et « Haleb
A mon arrivée, il me montre une extraordinaire jument baie foncée « Rouba el Shamal » qui présentée une seule fois au championnat national Syrien avait perdu le titre d’un quart de point. C’était la soeur entière du fameux « Souhab » deux fois champion National ayant produit des gagnants en course, en endurance et dont le fils « Koshman » champion en course avait été aussi sacré champion National. Aprés il me montre son fils de 2 ans par « Raad » et là, c’était le coup de foudre. C’était « Hussam al Shamal »
C’est alors que je lui demandais de me raconter l’histoire des familles de « Rouba » et de « Raad », chez nous c’est ainsi qu’on parle des chevaux, car on considère que leur pedigree est une histoire de famille et on commence toujours par celle de la mère.
Famille de Rouba al Shamal vice Championne Nationale Syrienne 2005
La mère de « Rouba » « Al Emadieh » était tellement chère et précieuse aux yeux du vieil Agha que celui ci ne la montrait jamais à des étrangers de peur du mauvais œil.
Le père de sa grand mère « Zeinah »par « al Malkoukh » était surtout connu pour l’histoire de quatre de ses filles dont les propriétaires, une famille des environs de Raqqa, décidèrent une expédition punitive (une sombre histoire de vengeance) contre les membres d’une autre tribu se trouvant à 200km .Ils montèrent les 4 sœurs, bataillèrent toute la journée avec l’autre famille et rentrèrent chez eux le soir même ! Ayant parcouru 200km dans la même journée, à leur retour, ils couvrirent les 4 sœurs de couvertures pour échapper au mauvais œil, rien ni fit, deux d’entre elles moururent le lendemain. Ceci eu lieu dans les années 20, au temps du Mandat Français.
En 1952 Saadedine Bey el Jabri premier ministre de Syrie remarqua « Moge el Acir » chez les Cheikhs des Marzakanis, émerveillé par le cheval, il leur demanda de l’envoyer courir à Beyrouth où il courut sous les couleurs de son ami Henri Pharaon, ancien ministre des affaires étrangères au Liban, « Moge el Acir » fut appelé par la presse hippique d’alors « le plus fort cheval du Moyen Orient »
On trouve aussi « Abdjar » qui a dans son pedigree deux fois « Ghuzeil » un autre Saklawi Marzakani, appartenant à la même famille des Cheikhs et qui fut envoyé en 1956 au Marquis de Freige dont la famille faisait courir des Arabes à l’hippodrome de Beyrouth depuis presque un siècle. « Ghuzeil » gagna 7 courses à l’âge de 3 ans et fut renvoyé de même que « Moge el Acir », à sa tribu d’origine qui l’utilisa comme étalon.
« Abdjar » est aussi connu par sa fille « Hobeika » fondatrice d’une lignée de chevaux de courses célèbre en Syrie. D’ailleurs c’est le seul étalon qui ait sa photo dans le Volume I du SB Syrien
Ma famille ayant fait courir des Arabes à Beyrouth, je fus impressionné par ce pedigree
.En 1982, le père de Omar Anbarji (propriétaire du Haras el Andalous) ingénieur, ayant des projets dans le désert remarqua « Raad » chez son éleveur Cheikh Jamal Turki el Saw’an des Fedaans et l’acheta.
Selon Jens Sannek et Bernd Löwenherz, dans leur livre « Desert Legacy -in search of Syria’s Arabian Horses », où l’on trouve deux photos de « Nawal el Kheir » la mère de « Raad », le Cheikh Jamal envoya le propre frère de Raad comme cadeau au Roi Fahd d’Arabie qui en retour lui envoya un chéque en blanc pour « Nawal el Kheir ». Mais le Cheikh Jamal refusa le chéque et garda la jument.
Edouard el Dahdah dans une lettre à Arnault Decroix qualifie « Raad » de « Fossille vivant »
Vous trouverez des informations sur « Raad » et « Malakah » la mère de « Abdjar » dans l’excellent blog www.daughterofthewind.org
Le pedigree était impressionnant, mais ce ne fut pas lui qui me convainquit d’acheter « Hussam » c’était le charme, le calme et la puissance que dégageait ce jeune poulain, je téléphonais à M.Naji Chaoui, mon patron, et lui dit « Tu m’a demandé un jour de t’acheter le meilleur cheval de Syrie, je l’ai trouvé » j’achetai le cheval à Saed « Agha » et il fut transférer à notre haras des environs de Damas.
« Hussam » a suivi un entraînement de course de 1000 à 8000 mètres, dès l’age de deux ans et demi, enregistrant des temps plus qu’honnêtes mais son propriétaire a toujours refusé de le faire courir.
Il a été deux fois vice champion de Syrie. Beaucoup d’entre vous s’imaginent le championnat Syrien, comme un show à l’européenne ou à l’américaine, peut être qu’il ressemble à ces shows , mais alors à ceux des années 50.
Sans maquillages, sans dresseurs professionnels, « Hussam » par exemple a eu comme présentateur le contremaître d’un haras voisin , car celui-ci avait une certaine expérience des shows…
Quand M. Chaoui un Syro-libanais, Francophone, amateur comme son père de chevaux du Désert Syrien, gastronome et fin connaisseur en vins Français, a rencontré Arnault, il lui a dit « Je vous envoie l’ambassadeur des chevaux Syriens en France, prenez bien soin de lui ».
visible de St Martin de Bosherville





